Cerro Chirripo : l’ascension jusqu’au sommet à 3820 mètres !

 

Aujourd’hui, je partage avec vous ma première ascension du sommet du Cerro Chirripó réalisée en 2011, avec mes amis du lycée et la famille de l’un d’entre eux pour célébrer le bac. Je suis né à San Isidro de El General (un village qui se trouve tout près de la montagne) mais je ne savais rien de la beauté que cet endroit cachait et de la richesse naturelle que j’allais découvrir un 11 décembre avec mes amis du lycée. Pour l´organisation de votre excursion, découvrez nos conseils juste ici : parc national Chirripó.

 

Départ à la découverte du Cerro Chirripo :

Ce matin froid, nous sommes sortis de chez nous vers 3 h et avons démarré l’ascension à 4 h du matin. Au mois de décembre, il fait jour après 5 h du matin, alors nos premiers kilomètres, nous les avons parcourus dans l’obscurité (ce qui me fait penser à vous rappeler l’importance d’emmener avec vous une lampe de poche). Le premier kilomètre est nommé le thermomètre, précisément car c’est le plus difficile des 7 premiers et qu’il « mesure » les gens voulant affronter la montagne la plus grande du Costa Rica.

Le Cerro Chirripó ou Chirripó Grande - Costa Rica

Une fois « mesurés » par le thermomètre, on a la permission de continuer sans problème les 6 prochains kilomètres. Nous nous sommes arrêtés au milieu du parcours pour prendre notre petit déjeuner. Il ne faut pas oublier de manger des petites portions et surtout de boire beaucoup d’eau pendant tout le trajet, on a vraiment besoin d’énergie.

Juste au milieu du parcours, il y a une petite auberge qui se trouve au pied du deuxième kilomètre le plus difficile après le thermomètre : la cuesta del agua (la montée de l’eau). Alors, ce qui est génial, c’est que cette auberge-là sert de préparation pour faire face à la montée de l’eau, on remplit ses réservoirs d’eau, on jette un coup d’œil à ses pieds, on met de la pommade pour réchauffer les muscles et pourquoi pas, on mange un petit biscuit.

Le Cerro Chirripó ou Chirripó Grande - Costa Rica

Le Cerro Chirripó ou Chirripó Grande - Costa Rica

Chacun à son rythme, doucement, la montée de l’eau est raide mais tout le monde réussit à la vaincre. Les deux kilomètres suivants sont toujours un peu difficiles mais si l’on sait tenir son rythme, on arrive à les passer.

Après le 9e kilomètre, le spectacle commence : tous les chênes qui peuplaient le bois commencent à devenir de plus en plus petits. Le soleil apparaît et l’on pense qu’il fait chaud, on est environ à 3 000 mètres, on sent la sécheresse et le soleil brille sur la peau (c’est le moment de mettre de la crème solaire, et pourquoi pas un petit chapeau). La transition d’un bois de chênes, nuageux et humide à un écosystème plutôt désertique avec des plantes naines, qui est appréciable sur une distance si courte, est à mon avis l’une des plus belles expériences vécues pendant l’ascension du Cerro Chirripo.

Après être arrivé au páramo, il ne reste qu’une montée difficile : la Montée des Repentis. C’est carrément le dernier kilomètre, mais la fatigue, le soleil et l’envie d’arriver à l’auberge multiplient le poids de ce dernier effort.

On y est, une petite vallée abrite l’auberge, en face des Crestones, une des grandes montagnes les plus proches de l’auberge. On se fait dorer au bon soleil de midi. Tout le monde est heureux, on se repose et surtout on prend un bon déjeuner bien mérité. On conseille de prendre aussi un bon bain d’eau froide, cela sert à s’adapter au froid et relâche la tension des muscles.

Le Cerro Chirripó ou Chirripó Grande - Costa Rica

Le Cerro Chirripó ou Chirripó Grande - Costa Rica

Après avoir pris un peu de repos, mes amis du lycée et moi avons décidé d’aller voir le coucher du soleil au Crestones. C’est une randonnée courte en longueur mais bien raide. On est arrivés juste avant le coucher du soleil. Un beau spectacle, le ciel devient rouge, parfois orange, parfois violet. Les nuages, placés au bord des montagnes, sont ornés de fils de lumière, comme des fils d’or, ainsi que les montagnes désormais dorées. On n’entend rien d’autre que le vent souffler parmi les montagnes. C’est calme, c’est doux. On risque de penser qu’on est au paradis. Le soir venu, il est temps de se mettre à l’abri, on dîne et se prépare pour la nuit. Les lumières sont éteintes à 20 h.

Trois circonstances peuvent nous empêcher d’aller dormir à 20 h : avoir 17 ans, que la lune soit pleine, et être avec ses amis au milieu du paradis. Pour nous, les trois motifs étaient réunis. Bien évidemment, on est sortis de l’auberge nous asseoir ensemble sur un banc. En silence, on a contemplé les Crestones, imposants en face de nous tous, teintés d’argent. La pleine lune nous souriait. Le vent soufflait sans mesure. On n’avait plus rien à dire, ce sentiment de liberté qui nous arrive quand on est heureux nous avait rendus muets.

Le Cerro Chirripó ou Chirripó Grande - Costa Rica

Bien que le sommet de cette montagne soit l’une des régions les plus arides du pays, on y voit des oiseaux et des petits lézards toujours près des sentiers. Il y a aussi une faune nocturne composée de plusieurs espèces d’animaux parmi lesquelles des lapins de montagne. Cette nuit-là, nous avons aperçu un tout petit lapin sur le sentier qui passe en face de l’auberge.

Le lendemain, nous avons repris notre route vers le sommet du Cerro Chirripó à 8 h du matin, après avoir pris notre petit déjeuner. La pointe du sommet se trouve à 5 kilomètres environ de l’auberge. Beaucoup de gens partent à 3 h en direction du sommet pour observer le lever du soleil. Je n’ai pas eu l’opportunité de faire cela, mais on dit que c’est une des plus belles expériences. Depuis le sommet, à l’aube et en saison sèche, on peut voir totalement les 2 côtes costariciennes.

C’est une randonnée assez facile, mais parfois fatigante à cause du soleil et du manque d’oxygène. Heureusement, il y a partout des sources d’eau récemment nées dans les montages, grâce auxquelles on peut boire de l’eau fraîche. On a mis 2 h pour arriver à la pointe. Là, les lagunes appelées les Morrenas peuvent être appréciées. On constate la beauté des montagnes, écrit son nom sur le livre du sommet et reprend la route vers l’auberge.

Le Cerro Chirripó ou Chirripó Grande - Costa Rica

Le Cerro Chirripó ou Chirripó Grande - Costa Rica

Trois raisons peuvent nous empêcher de rentrer à l’abri à midi : avoir 17 ans, être avec ses amis au milieu du paradis et l’esprit d’aventure. Toutes les 3 étaient réunies. Alors, au milieu du trajet retour, on trouve un embranchement avec 2 possibilités : rentrer à l’auberge ou prendre la route qui monte au sommet Ventisqueros et qui relie ce dernier au sommet Crestones qui est en face de l’auberge. Nous avions les trois raisons de prendre ce dernier, et bien évidemment, nous l’avons pris.

Après beaucoup de montées raides entre les montagnes, nous sommes arrivés au sommet Ventisqueros, toute la vallée était visible de là. On s’est reposés en silence quelques minutes et puis on a pris la route pour aller au Crestones et pour finalement rentrer à l’auberge. Ce sentier est en fait un sentier placé sur des montagnes où l’on aperçoit de chaque côté un précipice. Ce parcours a été l’un de mes préférés, c’était carrément comme marcher sur les nuages.

Après une longue journée comme celle-là, nous n’avions plus qu’à nous reposer pour repartir le lendemain.

La descente est facile à faire. On doit juste faire attention aux genoux car le poids du corps, après deux jours de randonnée, commence à se faire sentir pendant la descente. C’est pour cela qu’il faut bien les préparer avant de gravir la montagne. Par ailleurs, il est recommandé d’emporter des genouillères pour minimiser un peu l’impact pendant la descente. La descente est facile, je vous l’assure ; ce qui est difficile, c’est de quitter le paradis.

Et vous, aimeriez-vous découvrir le Cerro Chirripó ?

 

 

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