Parc National Corcovado :

Excursion de 3 jours au cœur de la nature

 

En avril 2011, mon groupe de terminale et moi, avec notre professeur de biologie, sommes partis à la découverte de plusieurs lieux d’importance biologique pour le Costa Rica comme le parc national Corcovado. Le but de ces visites scolaires était de nous démontrer comment le Costa Rica, tout petit coin de seulement 51 100 km2, pouvait abriter dans son territoire une richesse naturelle si importante et variée. Le Parc National Corcovado est l’un de ces endroits que notre professeur voulait qu’on découvre. Aujourd’hui, comme mon professeur de biologie, je partage avec vous la richesse de ce parc à travers mon expérience comme lycéen : une aventure qui restera gravée à jamais dans mon esprit.

 

Début de l´excursion dans le parc national Corcovado :

La découverte a démarré à San Isidro de El General un jeudi d’avril à minuit quand nous avons pris le bus qui nous conduirait à Puerto Jiménez où, à 6 h du matin, nous devions prendre le camion-taxi en direction de Carate. Quand on a 16 ans, et qu’on est dans une visite scolaire avec ses copains du lycée, on peut faire beaucoup de choses, parmi lesquelles ne pas bien dormir la veille d’une randonnée de 22 km. Bien que cette expérience soit ancrée dans ma mémoire et que je n’ose même pas l’imaginer autrement, je vous conseille de bien dormir la veille. Il n’y a rien de mieux que de pouvoir s’attaquer à un parcours si long, avec autant de poids avec les batteries pleines, qu’après avoir bien dormi.

Ah oui, j’avais oublié : nous avions sur le dos le poids de nos sacs de voyage avec non seulement nos vêtements pour 3 jours, mais aussi notre propre nourriture pour ces trois jours.

Je ne m’en plains pas, c’est d’ailleurs la façon la plus économique de faire cette visite. Vous l’avez compris, nous étions des étudiants de terminale.

Puerto Jiménez ou Drake : Parc national Corcovado

Après 5 h de route vers le sud, nous sommes arrivés à Puerto Jimenez, avons pris un petit déjeuner (le petit déjeuner, il faut qu’il soit solide mais pas lourd) et puis le camion-taxi avec départ à 6 h tous les matins.

Le camion qui mène à Carate n’est pas un moyen de transport réservé exclusivement aux touristes, il est aussi utilisé par les locaux qui travaillent dans les fermes de bétail situées autour de la route, ou pour ceux qui habitent les plaines de la Péninsule d’Osa. De cette façon, on a été également en contact avec ceux qui habitent les endroits qu’on a visités. Et c’est là où se trouve vraiment la beauté, car essayer de découvrir un pays sans avoir de contact avec ceux qui nous accueillent, c’est limiter son intérêt à un univers artificiel de formes et figures éloignées de la réalité qui nous entoure. C’est comme percevoir la réalité à travers un écran.

 

Puerto Jiménez ou Drake : Parc national Corcovado

 

Une fois à Carate, on s’est dégourdi les jambes, on a pris les sacs et en route vers le parc national Corcovado. Le premier kilomètre, comme tous les kilomètres que l’on parcourt sur la plage, est un peu plus fatigant que celui que l’on fait sous la forêt épaisse, en raison du soleil et de la pente de la plage. Pourtant, avec de la patience, de l’eau et de la crème solaire, on y arrive. En tout cas, tout n’est pas que peine et souffrance, les plages que l’on traverse sont belles comme tout dans ce parc. Les grosses vagues, l’eau cristalline, les grains de sable colorés et les milliers de bernard-l’ermite qui courent affolés devant chaque voyageur transforment la fatigue en miettes qui s’évanouiront avec l’eau du prochain ruisseau d’eau cristalline où l’on boira pour reprendre des forces. Les parcours dans le bois sont plus faciles à faire. À l’ombre, tout est calme, on marche en silence, on écoute les bruits de la forêt, on réfléchit.

 

Comme je vous l’ai dit dans l’article précédent “Cliquez ici“, il est obligatoire de prendre un guide pour parcourir le sentier qui mène à La Sirena. Là, je vous dirai pourquoi.

Il se trouve que plusieurs parties du sentier sont bloquées par la marée haute. Le premier obstacle se trouve à la Pointe Salsipuedes (le nom de la pointe est un mot composé qui, traduit en français, serait à peu près : « Sors-si-tu-peux »…). Cette pointe est constituée d’une falaise dont il faut traverser la base pour pouvoir continuer sa route. Sa base est inondée par de grosses vagues qui s’écrasent violemment contre la falaise durant la marée haute. À marée basse, les vagues sont loin de la falaise et il est tout à fait possible de traverser la pointe Salsipuedes. En plus, environ 1 km avant d’arriver au refuge, on trouve le fleuve La Llorona qui, à marée haute, monte de plus de 2 mètres et pendant ce temps, il est peuplé de requins et de crocodiles tandis qu’à marée basse, on peut le traverser, même avec ses chaussures.

 

En résumé, le guide n’est pas accessoire, il connaît les sentiers comme sa poche, est conscient des marées, et connaît les particularités de son groupe. Il sait quand, combien de temps et pour quels motifs on doit faire une pause.

 

Puerto Jiménez ou Drake : Parc national Corcovado

Puerto Jiménez ou Drake : Parc national Corcovado

 

Nous sommes tous arrivés à Salsipuedes vers midi. L’eau devait commencer à descendre à 14 h. Nous avons pris notre premier sandwich de ces 3 jours (en guise de déjeuner), puis on s’est tous endormis pendant une demi-heure. Quand nous nous sommes réveillés, l’eau commençait à descendre et alors nous avons pu reprendre notre route.

Après cela, il n’y a plus d’obstacles sur la route. Avec de la patience et un rythme constant, on arrive au bout du monde.  On est parvenus au fleuve La Llorona à peu près à 16 h 30. Comme la marée était basse depuis 14 h, nous avons rencontré un petit ruisseau que la plupart d’entre nous ont traversé avec leurs chaussures. Quand on a 16 ans, on peut faire beaucoup de choses, comme traverser des rivières avec ses chaussures. Moi qui suis bien maladroit pour traverser des rivières en sautant sur les pierres, je suis tombé dans l’eau (ce n’était pas dangereux car il n’y en avait presque pas), mais je me suis bien mouillé et mes chaussures n’ont pas séché jusqu’au retour à mon village. Alors, même s’il n’y a presque pas d’eau et que vous avez 16 ans, je vous conseille d’enlever vos chaussures pour être sûr de les garder sèches pendant tout le séjour dans le parc national Corcovado.

 

Deux ans plus tard, en 2013, nous avons fait ce même trajet avec la famille de ma meilleure amie (que je garde précieusement depuis le lycée), avec elle et moi comme guides. Quand nous sommes arrivés au fleuve, la marée était haute, et le petit ruisseau que nous avions connu deux années plus tôt me dépassait (je ne suis pas très grand, ce n’est pas un point de référence suffisamment clair ; le fait est que les parties les plus basses du fleuve étaient juste un peu en dessous de ma tête). Avec l’aide des guides locaux qui étaient partis à notre recherche et qui nous avaient signalé les parties les plus basses, mon amie et moi avons traversé plusieurs fois le fleuve en portant les sacs des membres de la famille au-dessus de notre tête et puis comme soutien des plus petits d’entre nous. Heureusement, on est bien arrivés de l’autre côté. Et c’est là que j’ai découvert l’adrénaline.

 

Puerto Jiménez ou Drake : Parc national Corcovado Puerto Jiménez ou Drake : Parc national Corcovado

Le refuge est beau, c’est une grande maison en bois au milieu de la forêt, avec des grands couloirs, des sièges en bois sur lesquels on s’assoit tôt le matin pour entendre le carnaval des aras rouges qui habitent dans les amandiers géants à proximité. Le refuge est beau, mais ce qui est le plus beau, c’est de le voir apparaître au bout du sentier. C’est vraiment un sentiment de joie qui nous envahit quand finalement on y est. Tout le monde est content à La Sirena.

 

Notre budget modéré d’étudiants de terminale nous avait permis d’acheter uniquement les repas du soir. La journée, nous mangions des petits sandwichs, des biscuits et des trucs légers. On attendait avec impatience tous les jours le dîner. Ce n’était pas uniquement à cause de nos sandwiches fades mais bien évidemment à cause de la qualité du service offert au refuge. Là, la nourriture est bonne, croyez-moi.

Au refuge, on ne cherche pas le confort, et personne n’est disposé à vous le faire découvrir. On est dans un endroit auquel on peut accéder uniquement à pied ou en bateau. On éteint les lumières à 20 h et chacun est responsable de ses propres déchets depuis l’entrée du parc. Les ressources sont limitées au refuge. En revanche, ce qui n’est pas limité, c’est la beauté naturelle et la magnificence de ce sanctuaire naturel.

 

Après avoir pris un repas bien mérité, et une douche tout aussi méritée (on pouvait distinguer l’odeur naturelle de nos camarades à 5 mètres de distance 😉 ), on s’est mis de l’anti-moustique, (de 18 h à 21 h, les insectes s’affolent et sont capables de manger une personne entière… Là, j’exagère, mais on le perçoit comme ça 🙂 . Les soirées à la station sont plutôt calmes. On s’assoit dans les couloirs, on bavarde, on parle avec les autres voyageurs et à 20 h, on fait silence. L’électricité est coupée à cette heure-là, et tout le monde dort. Maintenant, il n’y a plus d’autre lumière que celle que l’on peut percevoir dans le ciel s’il y a des étoiles ou si la lune est claire. À ce moment, on a juste besoin d’être bercé par les milliers de sons provenant de la forêt. Le lendemain sera une longue journée.

Puerto Jiménez ou Drake : Parc national Corcovado

 

Nous avons démarré la journée à 5 h. Il est très facile de voir des tapirs (le mammifère le plus grand du Costa Rica) quand on est à La Sirena. Malheureusement pour moi, cela n’a pas été mon cas. Ce jour-là, on s’est réveillés tôt le matin car il y avait plus de chances de voir un tapir à cette heure-là. On a parcouru quelques petits sentiers encore obscurs (il se trouve que dans des forêts aussi épaisses que celle du Corcovado, il fait nuit une heure avant et il fait jour une heure après ; c’est pour cela que les arbres sont si grands, car il y a vraiment des disputes entre eux pour pouvoir s’assurer un minimum de lumière pouvant leur permettre de se nourrir), et sommes sortis sur la plage. On a réussi à voir uniquement les empreintes d’un tapir avec son petit loupiot s’enfonçant dans un buisson épineux.

 

Deux ans plus tard, lors de notre voyage avec la famille de ma meilleure amie, mon amie, sa sœur et moi sommes sortis tôt le matin à la recherche du tapir, l’animal que tout le monde a vu sauf nous. Nous avons parcouru les sentiers des alentours et nous avons vu beaucoup d’animaux, mais aucun tapir. Eh bien, quand on est rentrés à l’auberge, tout le monde avait des photos d’un certain tapir venu se faire bronzer au refuge après notre départ. Et voilà, après avoir visité 2 fois le parc national Corcovado, je ne connais pas les tapirs. Si vous voulez en voir un, je vous conseille de visiter le Corcovado, mais assurez-vous que je ne sois pas là.

 

Puerto Jiménez ou Drake : Parc national Corcovado

 

Nous avons passé la journée à nous balader le long des sentiers. On n’a pas vu de tapir mais on s’est consolés avec des groupes de différentes espèces de singes, un troupeau de pécaris et d’autres petits mammifères comme le coati, cela sans compter les dizaines d’oiseaux que je n’ai pas réussi à voir à cause de ma myopie. Pendant l’après-midi, notre professeur a compris l’importance du repos et nous a laissés nous baigner dans le fleuve Sirena. C’est très bien, ça, l’eau est vraiment claire et calme. Je vous conseille de le faire, vous devrez aller en amont car sur la plage, la rivière est un peu dangereuse. On est rentrés avant 17 h, on a pris notre dîner et on s’est bien reposés. Le lendemain, c’était notre retour pour Carate.

Après une bonne nuit de sommeil, à 5 h du matin, on a quitté l’auberge. Le retour a été facile, on avait bien dormi et surtout on avait beaucoup moins de poids car on avait presque tout mangé. On est arrivés à Carate à 14 h, pour prendre le camion avec départ à 16 h.

 

Et vous ? Aimeriez-vous partir à la découverte de ce sanctuaire naturel, le parc national Corcovado ?

 

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